Les écoles

MAIRIE – ÉCOLES

Situation : au haut du bourg ; en bordure de la RD 455 de Clessé à Lugny; à l’ouest de l’église; parcelle 
B 927 du cadastre du XIXe siècle

HISTORIQUE

C’est après 1901 que furent réunies les deux écoles du bourg; celle du bas, réservé d’abord aux filles, puis d’une façon plus générale, aux petites classes celle du haut, ancienne 
école de garçons, déjà transférée du bâtiment qu’elle avait antérieurement occupé, et devenu l’actuelle Mairie. Cette réunion des 
écoles était souhaitable à tous points de vue, mais son élaboration et sa réalisation furent longues et complexes, car plusieurs 
études et projets se trouvèrent longtemps en compétition avant 
l’heureux aboutissement.
En 1882, selon une transmission adressée à l’Inspection académique le 4 mars, rien n’avait encore été décidé « au sujet de la 
construction d’une maison d’école double à Péronne » ; il Y avait 
pourtant « urgence à ne pas ajourner plus longtemps cette question, afin de ne pas compromettre … la santé des élèves et celle 
des maitres ». Les deux écoles étaient en effet « installées dans 
un vieux bâtiment qui est en très mauvais état. La salle de classe de l’instituteur n’a que 33 mètres carrés et 2, 60 d’élévation.

C’est tout à fait insuffisant, car l’école est fréquentée 
par plus de 50 élèves en hiver » (Archives de Saône-et-Loire. Série 0 : Péronne; Écoles). Le désaccord portait sur le choix d’un 
emplacement; l’Inspection académie avait privilégié deux parcelles d’environ 16 ares, d’une valeur approximative de 250 francs 
l’are, sises au sud du village et à une distance de 300 mètres de 
la maison d’école actuelle ». Elles étaient bornées, au Nord et à 
l’Est, « par terres à plusieurs; au sud, par le chemin de grande communication no 15 de Cluny à Fleurville; à l’Ouest, par le chemin no 2 de Péronne à Clessé » (parcelle. n° 405p de l’ancien cadastre). La majorité des conseillers municipaux, sous l’administration de M. Cazard, maire de Péronne, préférait un emplacement 
sis un peu plus au nord et qui était la propriété de Jean Tête.
En dépit de ces divergences, l’architecte C. Blanc, de Tournus, fut invité dans un premier temps à préparer un projet « d’appropriation des deux écoles de filles et garçons, conformément au programme imposé » par une délibération du 11 mars 1894. La dépense était chiffrée Il. 729, 80 francs. Une deuxième délibération, le 22 mars 1895, demanda la modification du projet dans le sens indiqué par l’Inspecteur d’académie; la dépense fut de ce fait porté à 14.621, 86 francs. Dans un troisième temps, enfin, une délibération du 31 août 1896 décidait « la construction à neuf d’une salle d’école isolée pour les garçons, avec préaux couverts et découverts, dans un terrain faisant face au logement de l’instituteur, 
dont il n’est distant que de trente mètres environ ». C’était l’amorce de la disposition actuelle: mairie séparée, et écoles lui 
faisant face, de l’autre côté de la route.

L’acquisition des terrains nécessaires à la construction d’une nouvelle école de garçons fut votée par délibération municipale du 12 décembre 1896 ; il s’agissait en fait 
des parcelles de la section B 955 et 956 (5 ares 30 ca)

B 766, au lieu-dit « le Martoret » (0, are 80 ca), propriétés Bouilloud-Guénebaud (soit au total 6 ares 10 ca, pour un montant de 1540,40 francs), ainsi que de la parcelle de 3 ares 65 ca 
(B 771), acquise pour 921,10 francs de M. Dumoulin.

Selon le rapport de l’architecte Blanc, la séparation des deux locaux, administratif et scolaire, permettait « de disposer les services d’une façon régulière, conformément aux prescriptions réglementaires ». « En tenant compte de la rectification du 
chemin rural séparant ces parcelles, une surface d’environ 1000 m2 
pourra(it) être affectée à la construction de l’école. La partie 
consacrée aux constructions (école et préau couvert) étant de 150 m2 environ, il resterait par conséquent 850 m2 pour le préau découvert, dépendances et jardEcole Ancienne Mairiein ». Les constructions projetées comprenaient une salle de classe de 10 mètres de longueur sur 6 mètres 
de largeur, précédés d’un vestibule-vestiaire, et ayant la capacité de recevoir 48 élèves; plus un préau couvert abritant l’entrée 
de l’école, et aboutissant à la voie publique avec exposition au 
midi. Toutes ces constructions étaient « disposées pour répondre aux 
besoins actuels de l’école; et même, les emplacements ont été ménagés de façon à pouvoir, au besoin, réunir les deux écoles et les 
logements, dans le cas où la commune adopterait cette combinaison pour l’avenir ».
Le cout de l’opération s’élèverait à 17.452,46 francs. Il se décomposait ainsi: 11.165,20 pour l’école de 
garçons construite â neuf; 2352,73 pour l’immeuble devenant logement de l’instituteur et mairie; 3103, 46 francs pour l’école de filles et le logement de l’institutrice; plus 831,07 francs 
d’honoraires à 5%. L’estimation globale s’éleva en fait â 19.232, 28 francs, et reçut l’approbation du Préfet le 16 juin 1899. Ce 
programme judicieux allait permettre à la commue de Péronne de réaliser, moins d’un siècle plus tard son extension scolaire actuelle; l’immeuble édifié en 1901 pourrait en effet servir en cas de besoin, de pivot pour un plus vaste ensemble, par l’adjonction, de part eImpressiont d’autre, de deux classes nouvelles, d’une salle communale polyvalente, 
d’un bureau directorial, d’un préau couvert, d’une rampe pour 
handicapés, et de toutes les commodités d’usage; le tout, conforme aux normes réglementaires.
L’adjudication fut signée le 9 juillet 1899 en faveur d’Alexandre Guillard, entrepreneur à Montbellet, qui ayant proposé le

rabais le plus intéressant (2326, 99 francs), ramena le marché à 14.294,40 francs; celui-ci fut approuvé par le Préfet le 12 
juillet suivant. Le financement de l’opération était assuré par un emprunt de 6500 francs au Crédit foncier de France, autorisé par 
arrêté préfectoral du 14 juin 1899 sur trente annuités à compter du 31 janvier 1900; par une subvention de 8815 francs accordée à 
la commune de Péronne par décision ministérielle du 27 avril 1899 
par un emprunt à court terme sur un an, en attendant le produit de 
la vente d’une coupe de bois. Le projet de l’architecte Blanc avait été approuvé le 8 mars 1897 par le Comité mixte des bâtiments 
scolaires.
Les travaux étaient achevés lors de la réception d’oeuvre du 15 septembre 1901. Ils furent complétés par des travaux de clôture, dont l’adjudication, en date du 20 octobre 1901, fut tranchée 
au profit de l’entrepreneur Dumonteau-Larouillère, sur devis de 
2773,77 francs, porté à·2998,70 francs au décompte de l’architecte signé le 17aoûtt 1902.
Selon un traité de gré à gré signé entre M. Mommessin, maire 
de Péronne, et Marius Guyonnet, plâtrier-peintre à Viré, le 14 novembre 1922, des travaux de réfection intérieure ont été exécutés à 
l’école de garçons pour la somme de 1238,60 francs, avec réception d’oeuvre en date du 29 juillPhoto Ecole Garçon 1et suivant; deux marchés secondaires furent conclus trois ans plus tard, le 17 février avec Antoine Guyonnet (1012,95 francs) et, le 28 mars 1925, avec Benoit Poggia, menuisier.
L’école de filles, installée dans un immeuble acquis par la 
commune dans la partie basse du bourg, avait été « appropriée après adjudication signée le 3 août 1890, pour un montant de 3504,30 francs en faveur de Jean-Marie Petit, entrepreneur à Lugny. Adrien Pinchard, architecte à Mâcon, invité à préparer et surveiller l’opération, donna son décompte le 29 mai 1891 (4352,22 
francs), et signa la réception d’oeuvre définitive le 30 juillet 
1892. C’est à cet immeuble que fut accolé du côté est, à partir de 1908, le Bureau de Poste (v. ci-après: Note).

Cet immeuble, auparavant affecté à l’école de garçons et au 
logement de l’instituteur, ainsi qu’il a été dit, s’offre comme une robuste et imposante construction, solidement implanté au carrefour principal du bourg de Péronne que traverse la RD 455. Le rez-de-chaussée et l’étage sont protégés par une toiture à la Mansart sans lucarnes ni jours d’aérations, que redressent trois cheminées. Trois percements rectangulaires éclairent l’étage sur chacun des pans ouest et Nord, arrêtés en bordure de la rue; la façade nord est épaulée par deux contreforts obliques la façade principale 
comporte une porte d’entrée surmontée d’un auvent à trois pans, 
flanquée d’une fenêtre à ça droite, et d’une porte à deux vantaux de bois à ça gauche.
Le logis proprement dit est prolongé, dans l’alignement de la rue qui se dirige vers l’église, par un porche couvert d’un pavillon bas, et creusé, en façade, dPhotos Ecole des garçons 2‘un grand portail en cintre 
légèrement surbaissé de type toscan ; ce dernier est flanqué, à sa 
gauche, d’une petite porte de même profil; l’un et l’autre débouchent sur une brève cour intérieure. À la suite, le pignon de façade d’un immeuble bâti perpendiculairement à la rue, et dans le 
même alignement, est creusé d’une porte charretière à linteau droit que protège un auvent à trois pans, de mêmes types que le précédent ; une petite baie rectangulaire, surmontée d’un arc de décharge inscrit dans la muraille, la surmonte.

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