Histoire de l’Eglise

L’église de Péronne devait exister avant l’année 938 puisqu’elle fut, cette année-là, par un synode tenu à Chalon, et on ne sait pour quelle raison, excommuniée à vie. II resterait de cette époque le mur de l’entrée principale, face ouest (parties du mur en arête de poisson).
Elle a dû être reconstruite entre 1080 et 1120. Elle présente dans son plan les dispositions suivantes : un petit porche ouvert, une nef unique, une travée sous le clocher et une abside en hémicycle.

La nef est plafonnée ; elle est éclairée actuellement de chaque côté par deux grandes fenêtres modernes en plein cintre ; on voit fort bien encore à l’extérieur la trace des anciennes fenêtres. On passe de la nef dans la travée au dessus de laquelle s’élève la clocher sous une grande arcade doublée en cintre brisé : deux colonnes engagées supportent la retombée intérieure. Le dessous du clocher est voûté en coupole sur trompes en cul-de-four ; ce grands arcs en cintre brisé sont appliqués latéralement contre le mur, et soutiennent la coupole. On voit aussi sur les murs, derrière une couche uniforme de badigeon la trace des fenêtrés qui éclairaient cette travée. On passe dans l’abside semi-circulaire qui forme le choeur sous une grande arcade doublée en plein cintre ; c’est l’arc triomphal, dont les retombées intérieures sont des colonnes encagées. L’abside est éclairée par trois fenêtres en plein cintre d’une maigre ouverture au vitrage, mais à large et profond ébrasement réservé entièrement à l’intérieur. Elles ouvrent intérieurement dans une arcature de sept formes en plein cintre, dont les impostes reposent sur des colonnes ou sur des pilastres. Il y a cinq colonnettes et trois pilastres ; les pilastres présentent des cannelures ; les chapiteaux et les tailloirs sont assez sobrement sculptée. Les moulures des bases des colonnettes, composées de deux tores de peu de relief et d’une gorge très peu creusée dans l’intervalle des deux tores, ont assez l’allure de certaines bases du XIème siècle ; nous ne croyons pas toutefois pouvoir assigner à cette décoration une date antérieure â l’extrême fin du XIème siècle. Tous les exemples de ce système d’arcatures plaquées au fond du chceur que nous avons jusqu’ici rencontrés, et ils sont nombreux (Donzy-le-Royal, Avenas, Saint-Nicolas-de-Beaujeu, Saint-Laurent-en-Brionnais, Châteauneuf, etc.) appartiennent à des monuments qui ne sont pas antérieurs au XIIème siècle.*
Si nous passons à l’extérieur, nous verrons d’abord qu’on a fait récemment, sans parler de réparations sans importance, un étage complètement neuf au clocher; l’étage supérieur.
La façade est très nue ; sous le toit du petit porche ouvert qui y est appliqué, on voit la porte principale dont l’encadrement en plein cintre date de la fin du XVéme siècle ou du XVIème ; les bases qui cantonnent les pieds droits à la retombée des moulures, et les moulures elles-mêmes ne laissent aucun doute à cet égard.

Sur l’élévation latérale , an voit des contreforts plats qui divisent à l’extérieur la nef en cinq travées; ce sont plutôt des bandes appliquées comme à l’église de Cotte que des contreforts qui n’ont pas d’ailleurs d’utilité ici, puisque la nef n’a jamais été voûtée ; on voit encore dans la maçonnerie la forme de quelques anciennes fenêtres. La corniche du toit est soutenue par des modillons fort simples.

Sur le mur latéral, au midi, s’ouvre une porte remaniée dont l’archivolte moulurée est en plein cintre; les sommiers de cette archivolte reposaient autrefois sur des tailloirs de colonnettes. Mais les colonnettes ont été détruites et les chapiteaux sont tellement mutilés qu’on ny peut plus rien distinguer.

Eglise Lions
Le linteau de la porte qui parait être un remploi est orné d’une sculpture d’inspiration orientale : ce sont deux animaux affrontés – des lions ? – séparés par un arbre, l’ancien home ou arbre sacré de la Perse. Le motif de l’arbre entouré d’animaux en vis-à-vis tire son origine de l’antique Asie Mineure. Ces animaux, perpétuellement occupés à attaquer et à dévorer l’Arbre, représentent l’image des mécanismes cycliques du temps, de la régénération cyclique du cosmos.

Eglise Coq

Le linteau de la seconde porte est une « pierre sauvage » représentant le coq gaulois sans doute objet de culte celtique. C’est une sculpture unique dans toutes les églises du Pays Maconnais. II fait partie de trois pierres sauvages connues dans notre pays : Brancion, Malay, Péronne. Date-t-il de l’époque des Druides ? Ce serait très possible car la religion catholique, pour ne pas rompre avec les habitudes ancestrales des habitants, a préféré s’installer sur les emplacements religieux du paganisme : bois sacrés, temples, clairières, plateaux rocheux, plutôt que de les détruire.

Le coq a toujours été, et partout dans le monde, le symbole de l’avènement de la lumière, du SOLEIL. Guettât le lever du soleil, i il l’annonce par son chant dès l’aube.Le clocher carré est très massif et occupe toute la largeur de la travée ; il est assez élevé, mais un étage nouveau y a remplacé l’étage supérieur ancien ; des trois étages qui constituent actuellement le clocher, un seul, le supérieur, est percé de fenêtres. L’étage intermédiaire présente un mur plein. L’étage inférieur présente sur chaque face trois grandes arcatures doublées, en plein cintre. Deux contreforts soutiennent le clocher de chaque côté, au nord et au midi. L’abside a deux contreforts ; elle est éclairée par trois fenêtres, d’environ 0,20m de largeur au vitrage qui affleure presque à l’extérieur, sans ébrasement.

* »Les Eglises Romanes » de VIREY

Pierre DUMOULIN.